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Des bénévoles mobilisés contre la fracture numérique

LE PLUS FRANCE INFO jeudi 12 septembre 2013

 J’y ai rencontré Sandrine. Cette parisienne s’est installée il y a trois mois dans un hameau de 6 maisons situé à une trentaine de kilomètres au sud ouest d’Auxerre. Là-bas, Internet n’est qu’un doux rêve. Pas assez rentable pour les fournisseurs traditionnels.

Sandrine, elle, a un besoin urgent d’être connectée pour sa recherche d’emploi. Elle entend alors parler de PC Light, un FAI associatif crée il y a un an dans l’Yonne : « Je les appelle un jeudi, le samedi, ils viennent installer l’antenne au dessus de mon toit » explique cette quinquagénaire. »Et ça marche tout de suite ! Et puis j’aime leur esprit asociatif, proche des gens« .

C’est pour casser cette fracture numérique, ces disparités d’accès au web sur le territoire que Cédric développe PC light avec une poignée de bénévoles. Pour ce cuisinier de formation, la connection à internet « devrait être un droit, comme l’accès à l’eau ou à l’électricité« . La petite troupe démarche d’abord les élus. Pas convaincus. Ce sont donc les particuliers qui, les premiers, acceptent le projet.

Simple comme Bonjour

Sur un plan technique, c’est très simple. Il suffit de se brancher sur une ligne ADSL dans un endroit couvert par au moins un fournisseur d’accès, dans ce cas précis c’est chez Bruno, legeek du groupe. De tirer un câble sur un point haut pour y installer une antenne, en l’occurrence le toit de la maison de Bruno.

On y voit trois antennes qui émettent dans trois directions différentes vers des relais jusqu’à l’habitation des adhérents. Et ça marche tellement bien qu’une PME de la région Fimm, spécialisée dans la fabrication de matériel de manutention, a fait appel aux services de l’association. Et a multiplié son débit par 5 !

Son coût

Ce n’est pas plus cher qu’un fournisseur traditionnel, 30 euros par mois + 20 euros d’adhésion à l’association (ni la télévision, ni le téléphone ne sont compris). Cet argent sert à couvrir les frais d’achat du matériel : une antenne c’est à peu près 30 euros.

Mais ce qui rend PC light attractif, en dehors du service c’est aussi sa vision du web. Un internet neutre. « Contrairement aux grands opérateurs, le FAI associatif ne filtre pas nos informations, ne cible pas nos mails avec de la publicité » explique Julien un nouvel adhérent de 29 ans. « Et c’est ce que je recherchais« .

Chacun des 15 clients de PC light est adhérent de l’association, il a donc son mot à dire. Un fonctionnement commun aux 20 autres fournisseurs d’accès à Internet associatif en France. Tous sont d’ailleurs regroupés au sein de la fédération FDN, French Data Network, l’un des premiers fournisseur d’accès à Internet en France.